Hé toi Qu’est-ce que tu regardes? T’as jamais vu une femme qui se bat Suis-moi Dans la ville blafarde Et je te montrerai (bis) Comme je mords, comme j’aboie REFRAIN: Prends garde, sous mon sein la grenade Sous mon sein là regarde Sous mon sein la grenade Prends garde, sous mon sein la grenade Sous mon sein là regarde Sous mon sein la grenade
Hé toi
Mais qu’est-ce que tu crois? Je ne suis qu’un animal Déguisé en madone Hé toi Je pourrais te faire mal Je pourrais te blesser, oui (bis) Dans la nuit qui frissonne
REFRAIN
Hé toi Qu’est-ce que tu t’imagines? Je suis aussi vorace Aussi vivante que toi Sais-tu Que là sous ma poitrine Une rage sommeille (bis) Que tu ne soupçonnes pas?
Musique : Marin Marais « Marche des matelots » opéra « Alcyone », 1706. Ecoutez ici c’est chouette!
Paroles : Raphaëlle Legrand (fondatrice et accordéoniste des Voix Rebelles), 2000. Source ici.
Écrites pour la manif de la Marche Mondiale des Femmes à Paris, le 18 juin 2000, pour rappeler l’opprobre vis à vis des lesbiennes dans l’Histoire et affirmer que « les femmes qui s’aiment » peuvent marcher au grand jour, tous les jours, pas seulement celui de la Fierté gay et lesbienne.
Refrain:
Les femmes qui s’aiment,
Sortent de la nuit et de l’oubli,
Et par centaines,
Elles marchent aujourd’hui.
Voici les lesbiennes, Nées à Mytilène,
Elèves de Sappho, Dans les jardins de Lesbos.
Voici les sorcières, Femmes fortes et fières,
Brûlées sur les bûchers, Pour avoir voulu aimer.
Refrain
Voici les tribades, Leurs désirs s’évadent
Des normes imposées Par la loi et la société.
Travesties, garçonnes, Belles amazones,
Femmes émancipées Affirmant leur liberté.
Refrain
Les homosexuelles, Les gouines rebelles,
Inventant leur combat Contre le patriarcat.
Elles sont féministes, Contre les sexistes,
Elles luttent avec leurs sœurs. Elles construiront leur bonheur !
Paroles Jean Baptiste Clément, 1866 Musique Antoine Renard, 1868 Bien que lui étant antérieure, cette chanson est néanmoins fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l’auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante. Son assimilation à la Commune s’explique aussi par son texte qui parle d’une « plaie ouverte », d’un « souvenir que je garde au coeur », de « cerises d’amour […] tombant […] en gouttes de sang », mots qui peuvent aussi bien évoquer une révolution manquée qu’un amour perdu. On peut aussi imaginer que les cerises représentent les impacts de balles ; balles auxquelles il est fait aussi allusion sous l’image des « belles » qu’il vaut mieux éviter. La coïncidence chronologique fait aussi que la Semaine sanglante se déroula justement durant la saison des cerises (fin mai 1871).
2 voix (Morizots 2021)
Voix Basse (Myriam – Morizots 2021)
Quand nous chanterons le temps des cerises Et gai rossignol et merle moqueur Seront tous en fête Les belles auront la folie en tête Et les amoureux du soleil au cœur Quand nous chanterons le temps des cerises Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court le temps des cerises Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant Des pendants d’oreille… Cerises d’amour aux robes pareilles Tombant sous la feuille en gouttes de sang… Mais il est bien court le temps des cerises Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !
Quand vous en serez au temps des cerises Si vous avez peur des chagrins d’amour Évitez les belles ! Moi qui ne crains pas les peines cruelles Je ne vivrai point sans souffrir un jour… Quand vous en serez au temps des cerises Vous aurez aussi des peines d’amour !
J’aimerai toujours le temps des cerises C’est de ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte ! Et Dame Fortune, en m’étant offerte Ne pourra jamais fermer ma douleur… J’aimerai toujours le temps des cerises Et le souvenir que je garde au cœur !
Ci-dessous un lien vers une ré-écriture en femmage à Nathalie Le Mel (1827-1921), ouvrière militante et féministe française. Elle naît à Brest où elle tient une librairie avec son mari, puis « monte » à Paris en 1860. Elle milite dans le syndicat des relieurs créé par Varlin en 1865. Elle organise un restaurant communautaire et, en avril 1871, crée une Union des femmes pour la défense de Paris. Pendant la Semaine Sanglante de la Commune, elle tient avec des femmes la barricade de la place Blanche. Elle est arrêtée et déportée en Nouvelle-Calédonie. https://lesvoixrebelleschansonsfeministes.wordpress.com/2013/07/14/nathalie-le-mel/ Et pour les amateurs et amatrices de BD, il en existe une chouette sur sa vie: « Des Graines sous la Neige » raconte qui elle était, et son histoire.
Voix lead sur le premier couplet. La basse entre sur le 2ème. Et la haute sur le 3ème. Les deux premiers vers sont toujours à l’unisson. Sur la ligne qui suit le bis, unisson (ou les basses et les hautes ne chantent pas)
Chant traditionnel qui viendrait des Flandres au 17ème siècle, que l’on trouve dans des carnets de chants scouts. Le groupe de Volvestre des Eclaireurses de France l’a modifié et féminisé en 2016. Enfin des femmes dans les chants marins !… (fichier son en tête de page a été enregistré par les Sim(o)nes, pris sur le site de Midi Pyrate. Merci à elles!)
Sont des femm’ de grand courage, Cell’ qui partiront avec nous (x2) Elles ne craindront point les coups, Ni les naufrages, Ni l’abordage, Du péril seront jalous’ Cell’ qui partiront avec nous. (bis)
Ce seront de hardies pilotes, Les meufs que nous embarquerons (bis) Fines gabières dans la baston Je t’escamote, Toute une flotte Bras solide et coup d’œil prompt Les meufs que nous embarquerons. (bis)
Elles seront de fières camarades, Celles qui navigueront à bord, (bis) Faisant feu bâbord, tribord, Dans la tornade, Des canonnades Vainqueuses rentreront au port Celles qui navigueront à bord (bis)
Et des sœurs de tous rivages (Hiii!) Viendront bourlinguer avec nous (bis) Des bateaux venant d’partout Feront voyage, Dans nos sillages Vent arrière ou vent debout Viendront bourlinguer avec nous (bis)
Et c’est nous vaillantes et fières Qui donn’rons l’ordre du départ (bis) Vite en mer et sans retard. Faisons la guerre, A notre manière Car ce n’est pas le hasard Qui nous command’ra le départ (bis)
En Castille, il existait dans les milieux ruraux des chants illustrant les différents métiers manuels pour montrer le caratère répétitif des tâches, et dont les mouvements, en raison de leur monotonie et de leur mécanique, en forment la base rythmique. Il s’agit ici d’un chant de boulangères.
Ya llegan las panaderas por las calles de San Juan,
Engañando a los chiquillos cuatro duros vale el pan.
Por las calles del Congosto leré cuatrocientos pocos van,
Unos llevaban la harina leré y otros llevaban el pan.
Ví que la ví subir que la ví bajar cortando una rosa,
Morenita es tu cara y graciosa.
Cuando paso por tu puerta leré, cojo pan y voy comiendo,
Pa que no diga tu madre leré, que comerte me mantengo.
Dime panaderita como va el trato,
La harina va subiendo y el pan barato.
Anda diciendo tu madre que de mi te libra ella,
Que te libre del soldado y que no vayas a la guerra,
Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.
Anda diciendo tu madre que tu la reina mereces,
Y yo como no soy reina no quiero que me desprecies
Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.
C’t un entraineur, disait mon père,
Dont l’équipe est toujours première.
C’t un entraineur, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.
C’t une entraineuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une entraineuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.
C’est un coureur, disait mon père,
Qui laisse les autres loin derrière.
C’est un coureur disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.
C’est une coureuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une coureuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.
C’est un beau gars, disait mon père,
Qui fait la fierté de sa mère.
C’est un beau gars, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.
C’est une belle garce, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une belle garce, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.
C’t un courtisan, disait mon père,
Proche du roi et des affaires.
C’t un courtisan, disait mon père,
Il peut etre fier, il a du bien.
C’est une courtisane, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une courtisane, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.
Comme il a très bon caractère,
C’t un homme facile, disait mon père.
C’t un homme facile, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.
C’t une femme facile, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une femme facile, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.
Il faut dire que l’vocabulaire
Que l’on emploie au masculin,
N’a pas le meme sens de toute manière,
Quand on on le met féminin.
Paroles et musique de Léona Gabriel, 1931. Cette chanson raconte la grande grève des ouvriers des plantations de cannes de 1900 à la Martinique telle qu’elle a été vécue par Léona Gabriel qui avait alors 8 ans. Les ouvriers luttaient contre la dégradation de leurs conditions de travail. Depuis le début de la crise de la canne à sucre de la fin du XIXe, les salaires avaient été divisés par 2 alors que la quantité de travail avait doublé, voire triplé. Ce mouvement, durement réprimé (10 travailleurs tués et 12 blessés lors d’une fusillade de la gendarmerie) n’améliora pas significativement les conditions de travail mais amena des évolutions sur le plan syndical. NB: Monsieur Michel est Michel Hayot, directeur de l’usine sucrière de Rivière-Salée. Les « békés » sont les descendants des colons
transmise par le Cri du Cœur à Briançon (RN 2019)
Couplet 1 (x2): Manman lagrev (x3) Pay pa deu Fran [x2]
Manman lagrev baré mwe (x3)
Musieu Michel pa lé bay deu Fran
REFRAIN (x2) : Oué oué oué oué (3x)
Musieu Michel pa lé bay deu Fran
Couplet 2 (x2): Mwen sòti Lanmanten
Pou mwen désann anvil
Avan man té pran gran pon
Mi lagrev-la baré chumen mwen
REFRAIN x2 + percus
Couplet 3 (x2): Yo brulé kann béké
yo ensandiyé bitasion yo
Magré tou sa yo fè ya [3x]
Musieu Michel pa lé bay deu Fran
REFRAIN x2
TRADUCTION : « La grève m’a barré (le chemin) » : Maman, la grève m’a barré le chemin / Monsieur Michel1 ne veut pas payer 2 francs / J’ai quitté Le Lamentin / Pour descendre en ville / Avant je prenais le grand pont / Mais la grève m’a barré le chemin / Ils ont brûlé la canne à sucre des békés2 / Et incendié leurs maisons / Malgré tout ce qu’ ils ont fait / Monsieur Michel ne veut pas payer 2 francs
Le 8 novembre 1892, l’anarchiste Émile Henry, pose une bombe dans l’usine de la Compagnie des Mines de Carmaux. Le concierge trouve la bombe et la rapporte au commissariat de la rue des Bons-Enfants, où elle explosera, y tuant 5 personnes. Une sixième décédera d’une crise cardiaque. Guy Debord attribue sa chanson à Raymond Callemin dit «Raymond la Science», un des membres de la bande à Bonnot qui a été guillotiné en 1913.
Dans la rue des Bons Enfants,
On vend tout au plus offrant
Y’avait un commissariat
Et maintenant il n’est plus là.
Une explosion fantastique
N’en a pas laissé une brique,
On crut qu’c’était Fantomas
Mais c’était la lutte des classes.
Un poulet zélé vint vite Y porter une marmite Qu’était à renversement Et la r’tourne imprudemment.
Le brigadier, l’commissaire,
Mêlés aux poulets vulgaires
Partent en fragments épars
Qu’on retrouve sur un buvard.
Contrairement à c’qu’on croyait,
Y’en avait qui en avaient.
L’étonnement est profond,
On peut les voir jusqu’au plafond.
Voilà bien ce qu’il fallait Pour faire la guerre aux palais Sache que ta meilleure amie, Prolétaire, c’est la chimie.
Les socialos n’ont rien fait
Pour abréger les forfaits
D’l’infamie capitaliste
Mais heureusement vient l’anarchiste.
Il n’a pas de préjugés,
Les curés seront mangés.
Plus d’patrie, plus d’colonie,
Et tout le pouvoir il le nie.
Encore quelques beaux efforts, Et disons qu’on se fait fort De régler radicalement L’problème social en suspens.
Dans la rue des Bons Enfants,
On vend tout au plus offrant
Y’avait un commissariat
Et maintenant il n’est plus là.
Dans la rue des Bons enfants,
Viande à vendre au plus offrant
L’avenir radieux prend place
Et le vieux monde est à la casse !
A toi Centaure, à ta moitié humaine A vous chimères, et monstres incomplets A vous, hybrides, à vous énergumènes, Que l’on traite d’impurs ou d’imparfaits Nous rallions nos cœurs, nos âmes pleines, Tous dans un même élan pour entonner Cette chanson où l’on s’est retrouvé A ce refrain toujours nous ramène :
Refrain : Hommes (humains) et bêtes, venez dessiner La carte de notre voyage immense, A l’impossible on est destiné Sur tous les chemins de transhumance
La terre sous nos pieds comme semelle Sur nos têtes les cieux comme chapeau Partout ensemble nos âmes se mêlent Aux étoiles pour faire un grand troupeau Et transportés par tous les vents rebelles Unis par nos souffles et nos sabots Nous vous laissons bannières et drapeaux C’est l’aventure qui nous appelle !
Refrain
Que vaut un homme (humain) s’il est seul au monde Si la terre n’a que lui à porter ? Que peut une étoile, si, à la ronde D’autres soleils ne la font pas briller ? Dans les cieux sur la terre ou bien sur l’onde Ne soyons plus qu’une grande marée ! Les éléments n’auront qu’à se plier Au tumulte de nos pas qui gronde !
Refrain
Nous qui avons marché tant de semaines Nous sommes parmi vous et regardez Nous n’avons plus de craintes ni de peines, En cheminant nous les avons semées ! Et traversant les montagnes et les plaines Forçant tant de frontières bien gardées Ensemble on pourra toujours avancer c Car nous c’est en marchant que l’on aime !
Refrain
Adiu dralhòus e terras de planura Adiu la mar e teis avers d’argent, Avem pres lo camin de l’aventura, Partem d’un meme vam, bèstias e gens ! Cantant cadun dins la sieu parladura En póussa per lo ceu s’auborarem, En póussa per l’estelam rajarem Tant coma lo cant de la Natura !
Refrain
Amici miei andiam per le contrade Tutti cantando e sempre a far l’amor Portiamo il gregge e pace per le strade Col sole in faccia e la speranza in cuòr Con pane, vino e solida prestanza Tenendo in cuor i cani andati al cielo Scacciam della malinconia il velo Che oggi si cammina con baldanza
Refrain x2 + « Sur tous les chemins de transhumance… »
TRADUCTION : (occitan) : Salut chemins et terres de plaines ! / Salut la mer et tes troupeaux d’argent ! / On a pris la route de l’aventure / On part dans un même élan, bêtes et gens, / Et chantant chacun dans son parler / En poussière nous monterons vers le ciel / En poussière nous jaillirons des étoiles / Comme le chant de la Nature ! (italien) : Mes amis allons par les chemins / Toujours chantant et tous à faire l’amour / On amène la paix et le troupeau en route / Le soleil sur le visage et l’espoir au cœur / Avec du vin du pain et une solide prestance / Ayant toujours dans le cœur les chiens partis au ciel / Chassant le voile de la mélancolie Car aujourd’hui nous marchons avec assurance
Paroles de Joan Bodon Musique de Lo Barrut (polyphonies occitanes), 2017
Les “a” finaux se prononcent [o] (un peu ouvert)
Les “ò” se prononcent [ɔ]
Les “o” se prononcent [ʊ] (“ou”)
Le “s” en fin de mot ne se prononce pas
“eu” se prononce [ew]
Structure du chant :
1 – 1 – 1 – [2 (x2 ?)] – (2+1 ensemble) – (2+1 ensemble)
4 temps– 3 – 4 – 5 – 5 – 6
(2+1 ensemble) – (2+1 ensemble) – [8 (x4)] – (7+8 ensemble) – (6+8 ensemble)
1- L’èrba d’agram, ieu l’ai culhida
Sus la cròsa del paure mòrt.
Marrida grana, l’ai brandida
Als quatre caires del meu òrt.
2- Que venga patz, que venga guèrra,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..
3- Es sus la talvèra qu’es la libertat,
La mòrt que t’espèra garda la vertat.
Cal sègre l’orièira, lo cròs del valat,
Grana la misèria quand florís lo blat.
4- Estelas sens luna ne veirem la fin:
Ne perdrem pas una, cerclo camin.
Lo cèl tot s’engruna del ser al matin,
La bèstia feruna pudis lo canin…
5- Es sus la talvèra qu’es la libertat.
D’orièira en orièira pòrta la vertat.
La vida t’espèra de cròs en valat:
Bolís la misèria quand grana lo blat. (x2)
6- Al vòstre sègle de l’aram,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..
Que venga patz, que venga guèrra…
+ L’èrba d’agram, ieu l’ai culhida…
L’Er, L’erbo d’agr(x4)
7- E lo grand vent de la misèria
L’escampilha sus la mia tèrra.
8- Al vòstre sègle de l’aram,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..
Traduction : Le chiendent, moi je l’ai cueilli / Sur la fosse du pauvre mort. / Mauvaise graine je l’ai brandie / Aux quatre horizons de mon champ. - Et le grand vent de la misère / L’éparpillera sur ma terre. / Et dans votre siècle de fer - Vienne la paix, vienne la guerre, / Moi, je sèmerai le chiendent... - C’est sur la lisière qu’est la liberté, / La mort qui t’attend garde la vérité. / Il faut suivre la bordure, le creux du fossé / Graine la misère quand fleurit le blé. / C’est sur la lisière qu’est la liberté. - Étoiles sans lune, on en verra la fin. / On n’en perdra pas une, on cherche le chemin. / Le ciel tombe se morcelle, du soir au matin, / La bête sauvage pue le chien… - C’est sur la lisière qu’est la liberté, / D’orée en orée va la vérité. / La vie t’attend, de combe en vallée : / La misère bout quand graine le blé. / C’est sur la lisière qu’est la liberté.