Hegoak ou « les Ailes « : Poème basque de Joxean Artze, Musique de Mikel Laboa.
Un soir de 1968, dans un restaurant de San Sebastian avec sa femme, Mikel Laboa lit ce poème qui était imprimé sur des serviettes, en acte de résistance contre l’interdiction par le régime franquiste d’utiliser la langue basque. Il l’a mis en musique le soir même. L’oiseau y est le symbole de la liberté et le poème évoque l’impossibilité de posséder quiconque. Le contexte politique en a involontairement fait une chanson de protestation.
Ce soir je meurs à la guerre
Aujourd’hui pour moi sonne le glas
Mon visage est blanc et mon sang coule à flot
Sur le trottoir de la rue des Lilas
Ce soir je meurs sous vos bombes
Pourtant je n’ai rien fait pour ça
Je ne suis qu’un simple flâneur dans la ville
Sur le trottoir de la rue des Lilas
Refrain:
Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit la guerre
Maudits les chars, les fusils, les combats
Je m’éteins dans la rue des Lilas
Plus jamais revoir la dune
Au matin quand s’effacent mes pas
Jamais plus les cimes et la neige éternelle
Et l’oiseau bleu brillant de mille éclats
Plus jamais revoir la lune
Dans la nuit qui éclaire mes pas
Jamais plus la mer, les étoiles, les forêts
Et ce lac bleu perdu au fond des bois
Refrain
J’aim’rais tant revoir mes frères
Mes enfants, mes parents, mes amis
Danser le dabkeh* pour repousser la mort
Trinquer l’arak** jusqu’au bout de la vie
Je voudrais une dernière
Chanson pour apaiser la nuit
Pour bercer mon départ jusqu’à l’autre bord
Dire aux faiseurs de mort que l’on survit
Refrain
(Couplet à répéter 2 fois, en canon)
Car la guerre c’est un massacre
De gens qui ne se connaissent pas
Au profit de gens qui toujours se connaissent
Mais qui ne se massacrent pas (2x)
Refrain
+ « Je m’éteins dans la rue des Lilas… »
* C’est une danse folklorique pratiquée au Proche-Orient : Syrie, Palestine, Liban, Jordanie, Irak, avec des versions régionales. « Dakbé » signifie : « coup de pied », et effectivement c’est une danse très rythmée avec les pieds, qui se pratique en groupe, soit en ligne soit en demi-cercle.
* * une eau-de-vie de vin traditionnellement consommée et produite uniquement dans le Croissant fertile. Spiritueux traditionnel et emblème de l’art gastronomique du Liban, de la Syrie et de la Jordanie. Il est préparé à partir de moût de raisin fermenté (vin) distillé en eau-de-vie auquel on ajoute des graines d’anis. Il vieillit ensuite dans des jarres en argile.
–
(2017)
Rue de Bellevue
Détournement de la chanson « Rue des Lilas », de Sylvain Giro (Katémé). A Lakhdar Bey, mort lors de l’expulsion de son logement à Chambéry le 3/7/2019, et aux 2 militant-es du Droit au Logement mis en procès suite à l’évacuation « musclée »du conseil municipal par des policiers accompagnés de 2 chiens
Ce soir je meurs à Bellevue Aujourd’hui pour moi sonne le glas Mon visage est blanc, des menottes dans le dos Sur le trottoir tout en bas de chez moi. Ce soir je meurs sous vos yeux Pourtant je n’ai rien fait pour ça Je ne suis qu’un simple habitant de la ville Qui comme vous tous, a l’droit d’avoir un toit.
REFRAIN : Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis Que maudite soit cett’ police Maudits Cristal, la mairie, leurs complices Je m’éteins dans une rue de Bellevue.
[la rue de Bell’vue, rue de Bell’vue, La rue de Bell’vue …]
Plus jamais mettre à la rue Des malades, des enfants, des familles, Jamais plus ces drames, ces expulsions qui tuent et ces gosses dont on a brisé la vie. Plus jamais de gens qui hurlent « Laissez-le, son cœur va le lâcher » Plus jamais de mort à cause des abus de policiers pressés d’en terminer.
REFRAIN
[La police tue, police tue, La police tue, police tue…]
J’aim’rais tant dire à mes frères Mon épouse, mes enfants, mes amis Je trouv’rai un toit – pour reconstruire notre vie Ou de l’argent pour pouvoir vivre ici. Je voudrais une dernière Chanson pour apaiser la nuit Pour bercer mon départ jusqu’à l’autre bord Dire aux faiseurs de mort que l’on survit.
REFRAIN
Couplet suivant deux fois en canon : Ecoutez notre colère Nous n’ pourrons jamais accepter ça Nous contiiiinuerons – à être solidaires De ceux… qui ont besoin d’un toit.
REFRAIN
Couplet supplémentaire, 2x tous ensemble : Vous voudriez nous faire taire Vous avez osé faire un procès A deux des… nôtr’ lé-gitim’ment en colère Mais la violence – est bien de votre côté.
REFRAIN : Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis Que maudite soit cett’ police Maudits Cristal, la mairie, leurs complices La violence est bien de leur côté. La violence est bien de leur côté. (chanté scandé fort)
Chanson écrite avant le coup d’État de Pinochet. Le 11 septembre 1973 à Santiago de Chile, l’aviation bombarde le palais de la Moneda. Le président de l’Unité Populaire, Salvador Allende, met fin à ses jours. C’est le début de la dictature d’Augusto Pinochet. C’est en exil, en 1970, à Paris, que Ortega composera cette chanson qui deviendra l’hymne de tous les peuples opprimés du continent latino-américain.
Voix Basse (Myriam – Morizots 2021)
Refrain Voix Basse (Myriam – Morizots 2021)
El pueblo unido jamás será vencido,
El pueblo unido jamás será vencido…
De pie, cantar que vamos a triunfar.
Avanzan ya, banderas de unidad.
Y tú vendrás marchando junto a mí
Y así verás tu canto y tu bandera florecer,
La luz de un rojo amanecer
Anuncia ya la vida que vendrá.
De pie, luchar el pueblo va a triunfar.
Será mejor la vida que vendrá
A conquistar nuestra felicidad
Y en un clamor mil voces de combate se alzarán
Dirán canción de libertad
Con decisión la patria vencerá.
Y ahora el pueblo
que se alza en la lucha
Con voz de gigante
gritando: ¡adelante!
El pueblo unido jamás será vencido,
El pueblo unido jamás será vencido…
La patria está forjando la unidad
De norte a sur se movilizará
Desde el salar ardiente y mineral
Al bosque austral unidos en la lucha
Y el trabajo irán la patria cubrirán,
Su paso ya anuncia el porvenir.
De pie, cantar el pueblo va a triunfar
Millones ya, imponen la verdad,
De acero son ardiente batallón
Sus manos van llevando la justicia y la razón
Mujer con fuego y con valor
Ya estás aquí junto al trabajador.
Y ahora el pueblo
que se alza en la lucha
Con voz de gigante
gritando: ¡adelante!
El pueblo unido jamás será vencido,
El pueblo unido jamás será vencido…
2019: un carnet de nos chansons féministes : Nos chansons féministes: L’Echo Raleur·euse!(Réalisé suite à la manif du 24/11/2018… il y aurait moyen d’en faire un bien plus fourni maintenant! Avis aux amatrices!)
Les bombes éclatent en longs sanglots
Déchirent les nuits de Paris
La France aiguise ses drapeaux
En appelle à la sainte patrie
Mais j’ chant’rai pas, ne vous déplaise
Votre sanglante Marseillaise
Sur un marché au Nigéria
Parait qu’ y a eu un attentat
Ou quand ça bombarde en Syrie
C’est loin on n’entend pas les cris
On n’en a pas beaucoup parlé
C’est normal y’ avait pas d’ Français
La France fabrique et vend des armes
Qui dit les armes dit la guerre
Qui dit la guerre dit les larmes
La mort la peur et la misère
Mais quand ça s’ passe près d’ la maison
L’ sang abreuve nos télévisions
On claironne l’état d’urgence
Et on assigne à résidence
Ouvre la chasse aux musulmans
Ferme les frontières aux migrants
Et on en profite en passant
Pour traquer quelques militants
Dans les replis identitaires
De vos drapeaux de vos bannières
Vous étouffez c’est tout froissé
Pour s’ libérer faudra r’passer !
Sans dieu sans maître et sans patrie
On pourrait juste aimer la vie
Diffusée à la radio portugaise le 25 Avril 1974, comme signe de déclenchement de la Révolution des Oeillets qui mit fin à la dictature que le Portugal endurait depuis 1933.
un extrait de Les Pieds sur Terre nous en apprend un peu plus… (Juin 2020)
nous (en version beta) :
Grândola vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti ó cidade
Dentro de ti ó cidade
O povo é quem mais ordena
Terra da fraternidade
Grândola vila morena
~ ~ ~
Em cada esquina um amigo
Em cada rosto igualdade
Grândola vila morena
Terra da fraternidade
Terra da fraternidade
Grândola vila morena
Em cada rosto igualdade
O povo é quem mais ordena
~ ~ ~
À sombra de uma azinheira
Que já não sabia a idade
Jurei ter por companheira
Grândola a tua vontade
Grândola a tua vontade
Jurei ter por companheira
À sombra de uma azinheira
Que já não sabia a idade
Traduction :
Grândola ville brune
Terre de fraternité
Le peuple est celui qui commande le plus
En toi, cité
En toi cité
Le peuple est celui qui commande le plus
Terre de fraternité
Grândola ville brune
—
A chaque côté un ami
A chaque face, l’égalité
Grândola ville brune
Terre de fraternité
Terre de fraternité
Grândola ville brune
A chaque face l’égalité
Le peuple est celui qui commande le plus
—
A l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connait pas son âge
J’ai juré d’avoir pour compagne
Grândola, ta volonté
Grândola, ta volonté
J’ai juré d’avoir pour compagne
A l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connait pas son âge
Chantée par nous en stage avec Myriam(version Morizots 2018)
voix basse :
voix mediane :
voix haute :
autre version (encore autre chose!) par Choeur Vener de Montreuil:
Oui barbare je suis
Oui j’aime le canon
La mitraille dans l’air
Amis, amis, dansons.
Refrain
La danse des bombes
Garde à vous ! Voici les lions !
Le tonnerre de la bataille gronde sur nous
Amis chantons, Amis dansons !
La danse des bombes
Garde à vous ! Voici les lions !
Le tonnerre de la bataille gronde sur nous
Amis chantons !
L’âcre odeur de la poudre
qui se mêle à l’encens.
Ma voix frappant la voûte
et l’orgue qui perd ses dents. !
Refrain
La nuit est écarlate.
Trempez-y vos drapeaux
Aux enfants de Montmartre,
(C’est) la victoire ou le tombeau !
Aux enfants de Montmartre,
la victoire ou le tombeau !
Oui barbare je suis,
Oui j’aime le canon,
Oui, mon cœur je le jette
à la Révolution !
ou :
Oui barbare, Oui barbare ,
jette, à la Révolution !
Refrain
Oui, mon cœur je le jette
à la révolution !
2 petits tableaux pour savoir qui chante quoi et quand!
Le célèbre titre écrit par Gainsbourg, chanté par Régine ; détourné pour la cause
Air : « Les p’tits papiers » de Gainsbourg aussi
par les choraleuses de Toulouse (dans une orchestration un peu plus recherchée que ce qu’on chante, mais sur les couplets, c’est pareil!)
Laissez passer les sans papiers
Les oubliés, les délaissés
Les exploités, les refoulés
Du monde entier.
Laissez passer les clandestins,
Toujours cachés, c’est leur destin
Ici, ailleurs, et comme partout
On les rend fous.
Laissez passer les sans papières
Les déplacées de toutes les guerres
Toujours violées ou prostituées,
Mais révoltées.
Laissez passer les clandestines
Mariage forcé, toujours victimes
Les excisées, les violentées
Mais révoltées.
Donnons-leur au moins des papiers
Pour l’honneur et la liberté
Egalité, fraternité
Enfin trouvées.
Mettons fin à cet esclavage
Douleur sans fin, C’est d’un autre âge
La peur de l’autre est révolue
On n’en veut plus !
Laissez passer Les sans papiers
Les oubliéEs Les mépriséEs
Les exploitéEs Les refouléEs
Du monde entier
Accueillez tous Les Sans Papiers.
De la plac’, Il y en a assez.
Fraternisons, Réagissons
REAGISSEZ !
Oggi è l’ultimo giorno,
O che festa, che allegria!
El padró ce manna via,
Perchè bozzi non c’è più! (2x)
1-2-3
E’ finidi i bozzi boni,
C’è rimasti li doppioni;
Venga avanti ’sti padroni,
Li volemo saludà . (2x)
–
E’ finidi i bozzi boni,
C’è rimasti quelli tristi;
Venga avanti ’sti ministri,
Li volemo saludà . (2x)
–
E alla giratora poi,
Che la gira la filandra,
El padrone je domanda:
E la seta come va? (2x)
–
E la seta la va bene,
A ’ste povere sottiere,
A ’ste povere sottiere,
No’ le manna mai da ca’. (2x)
–
E la provinatora poi,
Che ne viene da Milano,
Coi provini sulle mano,
Alle donne fa tremà . (2x)
–
E la piegatora poi,
Che li piega li mazzetti,
E li piega stretti stretti,
Pe’ non falli comparì. (2x)
–
Il padrone a noi ci grida,
Troppo tardi je venimo,
Con maniere je lo dimo:
Ce sentimo poco be’! (2x)
–
E non giova medicine,
Nostra bocca è tanto amara,
El calor de la caldara
Ce consuma notte e dì (2x)
TRADUCTION : C’est fini les bons cocons
—
Aujourd’hui est le dernier jour, Quelle fête, quelle joie!
Le patron nous renvoie, Parce qu’il n’y a plus de bons cocons ,
—
Il n’y a plus de bons cocons, Il n’y a que les abîmés,
Que viennent les patrons, Nous voulons les saluer,
—
Il n’y a plus de bons cocons, Il n’y a plus que les mauvais,
Que viennent les dirigeants, Nous voulons les saluer,
—
Et la contrôleuse là, Qui surveille la filature,
Et le patron lui demande, Comment va la soie,
—
La soie elle, elle va bien, et ces pauvres ouvrières,
On leur donne jamais rien, Leur rend jamais le respect,
—
Et la contrôleuse là, Qui est descendue de Milan,
Echantillons plein les mains, Fait trembler les ouvrières,
—
Voilà qui vient la plieuse, Celle qui fait les paquets,
Qui les plie tout tout serrés, Pour qu’ils paraissent tout petits,
—
Le patron nous crie dessus, il dit qu’on est en retard,
Nous on lui dit poliment, Qu’on ne se sent pas très bien,
—
Aucun médicament ne marche, Notre bouche est si amère,
La chaleur de la chaudière, Elle nous brûle nuit et jour…